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Perfect Blue

Malédiction du miroir brisé

Perfect Blue du regretté Satoshi Kon (1963-2010) est un thriller dramatique édité par Madhouse courant 1998 au Japon. L’œuvre est sortie en France le 8 septembre 1999. Les projecteurs sont orientés sur Mima, la célèbre idole des Cham. « Pafekuto buru » de son titre japonais raconte comment la vie d’une star J-Pop qui devient actrice, bascule dans un cauchemar schizophrénique. Entre critique et analyse, retour sur cette animation phare des années 90. (attention présence de spoilers)

Mima au pays des rêves

Mima souffre-t-elle réellement de troubles dissociatifs de l’identité ? Elle présente phénoménologiquement un mental anxio-dépressif. Celui-ci se manifeste notamment par ses hallucinations auditives et visuelles ; mais également par ses absences fréquentes (amnésies psychogènes). Ce qui impliquerait que l’héroïne a subit de nombreux traumatismes pendant son enfance. Elle a 21 ans lorsqu’elle décide de se réorienter vers le cinéma. C’est ainsi qu’elle obtient son premier rôle dans Double Bind. On apprend d’une part que la jeune actrice a posé nue pour un photographe pornographique (Munaro). Peut-être pour casser son image de petite fille modèle ou tout simplement pour se faire connaître.

En outre, la scène de viol du tournage est une expérience choquante pour Rumi et pour l’ancienne icône pop. Ce passage du film est le premier point de jonction entre les deux femmes. Rumi a-t-elle immolée Mima dans sa psychopathie ? L’agent a certainement dû peser lourd sur le moral de l’ex chanteuse. Elle est par ailleurs « possédée » par la perspective qu’elle se fait de Mima. De rêves en illusions, le duo féminin est atteint de personnalités multiples. On parlera de « variante schizophrénique » mais pas de la maladie même.

Voir le vrai

Perfect Blue manie efficacement les deux personnalités. En effet Satoshi Kon n’a pas fait que se surpasser dans ce drame sombre, il a aussi su donner une véritable psychologie à ses personnages. Grâce à ce travail de fond, les acteurs de la trame sont presque « vivants ». Un réalisme frappant réside principalement dans leurs imperfections. De surcroît, le brio du réalisateur apparaît autrement ; certains spectateurs ont des difficultés à distinguer les scènes réelles des passages fictifs. Dans une interview donnée en 2002 par Alltheanime, monsieur Kon a déclaré : » C’est la difficulté de le découvrir qui est au cœur du film. Si vous voyiez le film plusieurs fois afin de faire la distinction entre la réalité objective et l’expérience subjective du personnage principal, je pense que la saveur du film disparaîtrait. Tant que vous acceptez que le film est censé être inexplicable, c’est parfait. »

L’animation adaptée du roman de Yoshikazu Takeuchi publié en 1991 fut une réussite totale. Voir le vrai, c’est accepter l’image que l’on a de soi.et non pas ce que l’on voudrait être. Rumi projette son idéal sur Mima et cette dernière essaie d’être une autre femme car elle ne s’accepte telle qu’elle est.

Conclusion en pièces

Il existe une vieille superstition expliquant que lorsque un miroir est brisé, on récolte autant de malheurs que de morceaux de verre dispersés. J’ai choisi ce titre puisqu’il symbolise le reflet de soi et pose la problématique suivante : la personnalité réfléchie est-elle identique à la personne réfléchissante ? Je peux spécifier par induction que la feuille d’argent incarne la réalité que l’on s’imagine.

Perfect Blue diffuse finalement deux vérités ; l’une expose une Mima narcissique, qui cède facilement à la flatterie et au mensonge. Tandis que l’autre revêt un comportement empathique, doux et amical.

Good
  • Un suspence à couper au couteau
  • Un thriller psychologique exceptionnel
  • Un scénario complexe
  • Des réalités divergeantes
  • La profondeur des personnages
Bad
  • Mériterait une version remastérisée
9.5
Etonnant
Written by
Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de fiction préféré !

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